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Société Belge d'Orchidophilie ASBL

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Mon expérience dans la culture des Pleione.

Par Olivier HENEAU
Reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur.©

Introduction au genre :

Don a nommé le genre Pleione en 1825 sous base de P. praecox et P. humilis. L'étymologie de ce nom provient du mot grec «  pleiones » qui signifie nombreux. Vraisemblablement les Pleione ont été nommées ainsi à cause de leur multiplication végétative qui est assez rapide pour certaines espèces. Ce genre est très voisin de celui des Coelogyne et avant que Don ne crée le genre Pleione, ces orchidées en faisaient partie.
Il y a actuellement une vingtaine d'espèces dans le genre. Les scientifiques ne sont pas tous d'accord sur le statut taxonomique exact de certaines espèces du genre. Certaines Pleione ont été découvertes ou redécouvertes il n'y a pas très longtemps (P. aurita en 1988, P. saxicola en 1987, etc.)
Ces orchidées sont surtout populaires en Angleterre ou elles sont appelées « windowshill orchids », ce que l'on peut traduire par « orchidées des appuis de fenêtre ». A l'heure ou l'énergie devient de plus en plus chère, ces orchidées qui ne nécessitent pas de serres chauffées ont un bel avenir auprès des orchidophiles des pays au climat tempéré tel que le nôtre. Malheureusement sur le continent, ce genre n'est pas encore très prisé, sans doute à cause de la floraison jugée trop éphémère (+/- 3 semaines).
L'ancien nom vernaculaire des Pleione était : « crocus indien ». Je trouve que ce surnom leur sied à merveille car les bulbes des Pleione qui fleurissent au printemps ou à l'automne selon les espèces (comme les crocus/colchiques) ressemblent beaucoup par maints égards aux crocus. Une amie orchidophile m'a conseillé de planter des crocus dans le même pot que mes Pleione car selon elle, la colchicine des crocus/colchiques feraient mieux pousser les Pleione (une sorte d'engrais diffusés par les crocus/colchiques). Je me demande toutefois s'il n'y a pas de confusion avec les effets réels de la colchicine sur les plantules ou les protocormes d'orchidées pour doubler le nombre des chromosomes. La colchicine est utilisée par les obtenteurs lors de certaines d'hybridation.

Ecologie :

Les Pleione sont des plantes Asiatiques qui proviennent du Nord-est de l'Inde, du Népal, de la Birmanie, de Thaïlande, de Chine jusqu'à l'île de Taiwan.
Les Pleione peuvent être terrestres, épiphytes ou même lithophytes. Les Pleione sont des plantes montagnardes, caduques, qui vivent souvent à haute voir à très haute altitude. Elles sont soumises à la mousson (pluies intenses) durant l'été puis à une période de froid avec très peu de pluies pendant l'hiver. Il peut geler occasionnellement dans ces régions mais il ne faut pas perdre de vues que les pleione sont protégées du froid par de la mousse, par une couche de feuille morte, par des aiguilles de conifères, ou même par de la neige ou la glace. Dans la nature, les Pleione poussent généralement sous une « ombre lumineuse ». Elles sont souvent trouvées en compagnie de Rhododendron. L'humidité atmosphérique est très importante, surtout durant la saison des pluies. La grande majorité des Pleione ne possède qu'une seule feuille par pseudobulbe (le nom chinois de P. formosana est «  i-yeh ian » ce qui signifie « orchidée à une feuille ») sauf P. maculata, P. Praecox, P. x lagenaria et P. scopulorum qui sont bifoliées. Les pseudobulbes, de taille, de forme et de couleur variable selon l'espèce, ne vivent que l'espace d'une année et se nécrosent généralement à la fin de l'automne. Heureusement, ils sont remplacés par les nouveaux pseudobulbes de l'année.

Culture :

Ne vous fiez pas à la facilité de culture de P. formosana. Certaines Pleione sont très difficiles à cultiver et nécessitent des soins constants (P. forrestii, P. humilis, P. hookeriana, etc.).
Certaines espèces de Pleione que je cultive peuvent paraître «  lunatiques » et peuvent très bien donner une année puis péricliter l'année suivante avant de reprendre enfin du poil de la bête sans que je puisse en attribuer nécessairement une cause (trop d'eau ? pas assez ? trop chaud ?, etc.)
Un moyen facile de voir si vous cultivez correctement vos Pleione : les nouveaux bulbes doivent êtres au moins aussi gros que ceux de l'année dernière et chaque pseudobulbe mature doit fleurir chaque année. Les hampes florales de certaines espèces portent simultanément deux fleurs lorsque les plantes sont parfaitement cultivées.
Température :
Si possible, en été, ne pas dépasser 25°C pour toutes les espèces. Les Pleione n'aiment vraiment pas les canicules !
En hiver une règle très simple : bien que certaines Pleione supportent un gel léger, le mieux est de les maintenir juste hors gel. La température idéale est comprise entre 1 et 5°C. Avec le gel il y a toujours un risque de perdre ses plantes ! Cette période de repos au froid et au sec est PRIMORDIALE pour une bonne floraison et une bonne croissance. Le non respect de cette règle est la principale cause d'échec dans la culture des Pleione.
Certaines espèces comme P. hokeriana, P. humilis, P. forrestii ou P. limprichtii nécessitent impérativement une longe période de froid intense. Il est parfois écrit dans la littérature orchidophile que des P. limprichtii ont survécu à des températures aussi basses que –20°C. Dès qu'ils perdent leurs feuilles, mes P. humilis sont placés dans le bac à légume de mon réfrigérateur dans un sac en plastique de congélation avec un peu de sphaigne légèrement humide afin de recréer artificiellement cette longue période hivernale. Le sac est gonflé avec de l'air et fermé hermétiquement avec un élastique. Vérifiez régulièrement la croissance de vos plantes car mes P. humilis ont bien failli fleurir dans mon frigo...

Seul P. maculata, P. praecox, P. lagenaria ( un hybride naturel de ces deux espèces) et sans doute également P. saxicola doivent être gardés un peu plus au chaud en hiver (entre 5 et 8°C). Pour ces espèces, le gel est à tous le coup fatal.

Hygrométrie :

Il faut garder une certaine humidité atmosphérique en hiver, mais sans arroser. Si malgré tout les bulbes se rident (ils se racrapotent,  dirait un enfant), pulvériser un peu d'eau sur les pseudobulbes (attention à la pourriture !).
En été, les Pleione ont besoin d'une hygrométrie très élevée. En cas de sécheresse de l'air, je pulvérise journalièrement les feuilles de mes Pleione.

Lumière :

L'idéal est de placer les Pleione à la mi-ombre. Elles apprécient de recevoir les premiers rayons directs du soleil du matin de même que les derniers du soir, mais leurs feuillages grillent si vous les exposez au rayon direct du soleil de midi. Pour filtrer la lumière, le mieux est encore de placer vos plantes sous l'ombre légère d'un arbuste à fin feuillage.

Substrat :

Chaque cultivateur de Pleione possède sa propre recette. J'ai déjà pu observer des Pleione cultivées dans des composts aussi surprenants que de la tourbe pure ou de la simple terre de jardin ! Néanmoins je ne vous déconseille de tels substrats !
Je pense qu'il est bon de faire tout d'abord la distinction entre les Pleione terrestres et celles qui sont épiphytes/lithophytes puis d'adapter le substrat en conséquence.
Pour mes Pleione terrestre (P. formosana), selon les disponibilité et selon mon humeur du moment..., j'utilise un savant mélange de fines écorces de pin, de vemiculite, de Seramis, de billes de polystyrène, du charbon de bois, de la sapinette (couche superficielle de l'humus des forêts de pin), des aiguilles de pin, de feuilles de hêtre sèche et hachées, de la partie supérieure des nids abandonnés de certaines fourmis des bois qui forment des dômes de brindilles, de mousse polyuréthane (utilisée pour la fabrication des coussins), des racines de fougère, etc.
Pour mes Pleione épiphytes, j'utilise de l'écorce fine, des racines de fougère, du charbon de bois, de la mousse polyuréthanne, du séramis, etc.
Pour bien caler les pseudobulbes dans les pots, j'ajoute en surface une couche de sphaigne vivante qui a l'avantage de m'indiquer le moment quand je dois arroser (quand la sphaigne devient blanche et sèche, il faut arroser !) et de plus, elle procure par évaporation un léger appoint d'humidité atmosphérique à la plante.
Bref pour le substrat, beaucoup de possibilités s'offrent à vous, rappelez-vous simplement cette règle simple : le substrat doit retenir l'humidité, ne doit pas se compacter, être aéré et bien drainant.
Engrais :
Les Pleione sont des plantes assez gourmandes, surtout en période de forte croissance (mi mai à mi septembre). Au printemps, engraissez progressivement. Personnellement j'utilise principalement de l'engrais organique pour ne pas brûler les racines (Biogold, purin de crottin de cheval, poudre d'os incorporé au substrat, etc.). Plusieurs fois par an, à titre préventif et afin d'éviter toute carence, je pulvérise toutes mes orchidées avec du chelal+, un produit contenant des oligo-éléments utiles à la croissance des plantes.

Eau :

Utilisez de l'eau non calcaire (eau de pluie ou eau osmosée). Au printemps, quand les jeunes racines sortent, arroser très progressivement, mais une fois que la floraison est passée et que les feuilles ont atteint une bonne taille, Il faut arroser abondamment pour reproduire les pluies journalières et torrentielles de la mousson. Les jeunes feuilles forment un entonnoir et doivent absolument être protégées de la pluie afin d'éviter toute pourriture. Quand les feuilles ont atteint leur plein épanouissement, elles ne craignent plus la pluie, bien au contraire, cela leur est très bénéfique !

Ventilation :

Les Pleione comme maintes autres orchidées apprécient une forte ventilation. Durant la belle saison, presque tous les amateurs de Pleione placent leurs plantes à l'extérieur ou elles bénéficient d'une ventilation naturelle. En hiver, je pense qu'une bonne ventilation est souhaitable pour minimiser les risques de pourriture.

Pot :

J'utilise de grandes vasques peu profondes en terre cuite ou en plastique où je rassemble les bulbes de mêmes grosseurs. Si vous ne faites pas ce tri préalable, les grosses plantes plus vigoureuses étouffent les plus petites.
Les pots en terre cuites sèchent plus rapidement que ceux en plastique et sont donc a privilégier si vous avez tendance à avoir la main « lourde » lors de l'arrosage.
À défaut de pot, j'utilise également parfois des caisses en frigolite de récupération qui sont perforées pour garantir une bonne évacuation de l'eau d'arrosage.

Drainage :

Il est PRIMORDIAL de bien drainer le fond des pots avec des tessons de terre cuite, des chips en frigolite, du gravier, des billes d'argile, etc.
À fortiori si l'on cultive des Pleione épiphytes ou lithophytes qui nécessitent un drainage irréprochable !
Les pleione ne supportent pas d'avoir les racines qui croupissent dans de l'eau stagnante.
Les racines des Pleione ne se régénèrent pas si elles sont endommagées. Attention donc à ne pas les faire pourrir.

Dépotage et repos hivernal :

Une fois que les feuilles des Pleione sont tombées (généralement durant le mois de novembre), je débarrasse mes Pleione de leurs ancien substrat puis je leur octroie une petite toilette en coupant les racines à 2 cm, en enlevant la tunique sèche, en récoltant les bulbilles, ensuite je trie les pseudobulbes selon leurs grosseurs et enfin je les remises au frais et au sec dans des cageots à tomates perforés. D'après la littérature dont je dispose, la lumière n'est pas nécessaire en hiver car la plante est en repos complet et le processus de la photosynthèse est arrêté.

Rempotage :

Il faut rempoter chaque année dans du compost neuf. On peut à la rigueur le faire tout les deux ans pour P. formosana, P. maculata et P. praecox. Lorsque les nouvelles pousses de l'année se mettent à grandir et que les jeunes racines commencent a percer (généralement au mois de février), il est grand temps de rempoter. Il ne faut pas tarder car les nouvelles racines sont très fragiles et cassantes. Excepté P. yunnanensis qui peut être enterré complètement, la moitié supérieure des pseudobulbes des autres espèces de Pleione doit dépasser hors du substrat. P. maculata (et dans une moindre mesure P. lagenaria et P. praecox) ayant des hampes florales très courtes, il est souhaitable de ne pas trop l'enterrer pour ne pas faire avorter la floraison.

Multiplication :

Comme je l'ai déjà écrit plus haut, certaines espèces tels que P. formosana, P. maculata, P. praecox, P. lagenaria se multiplient rapidement car chaque année les vieux pseudobulbes font au minimum 2 voir 4 nouvelles pousses. Chaque année, vous doublez donc au minimum le nombre de vos Pleione... Pour vous donner une idée de la vitesse de propagation, à partir de 6 pseudobulbes de P. formosana achetés en 2001, j'ai obtenu en automne 2007 une récolte de +/- 7 kilos de bulbes...
En plus de cela, certaines espèces produisent des bulbilles à l'apex des pseudobulbes. Si vous avez la patience de les récolter puis de les cultiver, au bout de 3 ou 4 ans, vous obtiendrez des Pleione supplémentaires en âge de fleurir. Ces bulbilles qui ne possèdent que des réserves nutritives limitées me semblent plus sensibles que les plantes matures à tout manque d'eau durant la période de croissance.
J'ai remarqué que très exceptionnellement, au printemps, mes plus grosses plantes de P. formosana peuvent produire une pousse à l'apex des pseudobulbes qui fleurit au même moment que les pousses « normales » provenant de la base des pseudobulbes. Cette pousse produit en automne une bulbille qui a presque la taille d'un pseudobulbe adulte !
Des Pleione tel que P. forrestii se multiplient au contraire très lentement et l'on peut s'estimer heureux si les vieux pseudobulbes produisent une nouvelle pousse...
Je ne parlerai pas de la multiplication par semis car cette technique est généralement réservée aux spécialistes.

Culture en extérieur :

Bien que je n'ai jamais tenté l'expérience de cultiver mes Pleione en pleine terre, P. formosana, P. bulbocodioides et P. limprichtii sont susceptibles moyennant certaines précautions (couche de gravier drainant, protection hivernale, etc.) de s'acclimater à nos jardins occidentaux.

Ennemis et maladies :

Les Pleione ne sont pas particulièrement sensibles aux maladies ni aux insectes. Je vous conseille néanmoins de placer vos pots sur une étagère à plante afin de les rendrent hors d'atteinte des limaces qui peuvent vous abîmer un bulbe en une nuit. Lors du repos hivernal, il m'est arrivé à 2 reprises de perdre quelques pseudobulbes. Dans le premier cas j'avais fais hiverner mes Pleione dans une pièce d'habitation non chauffée. L'air devait y être trop sec et la température trop élevée car les bulbes se sont littéralement desséchés. Dans le second cas, mes Pleione hivernaient dans un abri de jardin assez humide. Je pense que mes bulbes ont gelés ou que l'aération était insuffisante car certains bulbes ont pourris en dégageant une odeur désagréable.

Floraison :

La floraison qui peut être assez spectaculaire se décline généralement dans les tons rose-mauve ou blanc. Avec la découverte de P. forrestii, le jaune a fait son apparition et a redynamisé le genre. Grâce à l'hybridation, de nouvelles couleurs sont apparues tel que de délicieux tons pêche ou abricot. En choisissant bien vos Pleione (hybrides et espèces botaniques confondues), il est possible d'échelonner la période de floraison sur une longue durée (presque durant toute l'année). Pour maintes espèces, la période de floraison de prédilection reste malgré tout le printemps.
Les fleurs des Pleione me semblent assez sensibles à un excès de température. Il est à noter que comme pour beaucoup d'autres espèces d'orchidées de serre froide ou tempérée, le fait de maintenir vos orchidées fleuries à une température plutôt fraîche, prolonge leur durée de floraison.

Le mot de la fin :

Ian BUTTERFIELD, un horticulteur anglais très connu dans le petit monde des amateurs de Pleione à eu l'idée de nommer toute ses obtentions avec un nom de volcan célèbre. C'est ainsi que je suis l'heureux propriétaire d'une Pleione hybride vivement colorée de mauve, de rouge et de jaune qui se nomme : P. Vesuvius « Phoenix ». Le clone « Phoenix », tel un oiseau renaissant de ses cendres (c'est un comble pour un volcan) redonnant une « nouvelle vie » à la lignée des P. Vesuvius. Tout un programme !

Olivier Heneau
Reproduction interdite sans l'autorisation de l'auteur. ©

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